Vendredi 5 Février :
Lever à 7h après une bonne nuit d'un traîte et pour une fois bien fraîche, sans climmatisation ni ventilateur. Je file à la douche - ici avec le seau et la gamelle - après avoir préparé une bouilloire pour tempérer l'eau du puits qui est fraîche. Je vais ensuite prendre mon petit déjeuner en compagnie de Sinet et Nico.

On file vers 8h pour aller me chercher un scooter, toujours bien usagé, plus de 30 000 km et pas de compteur qui fonctionne. Je laisse mes hôtes partir au boulot et prends la direction des chûtes de Bousra.

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Je loupe l'embranchement pas très bien indiqué et me paye 20 km dans chaque sens en trop sur la route de Banlung. Je mets un peu d'essence avant de faire demi-tour et retrouve la bonne route, indiquant encore 27 km jusqu'aux chûtes.

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Le ciel est couvert par ici et la température en roulant presque trop basse, je supporte bien les manches longues. Après quelques kilomètres sur une route bien défoncée j'arrive dans une zone de travaux où ils reprennent un pont qui s'est effondré.

On doit prendre un chemin et traverser une rivière à guet sur une vingtaine de mètres et une trentaine de centimètres d'eau. Je suis vite obligé de mettre pied à terre pour équilibrer ma monture essayant de se frayer un chemin sur cette coulée basaltique glissante.

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Mes XA pro 3D font "floc-floc" lorsque je descends enfin de l'engin et me présente à l'entrée de la cascade. Je m'acquite des droits d'entrée de 2,5$ pour les étrangers et vais au pied de la cascade, en deux parties, près de la partie haute.

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Celle qui se trouve en dessous est accessible seulement par un escalier très raide et dangereux. Je reste une vingtaine de minutes et reprends la route dans l'autre sens.

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Je remouille mes pompes au passage de la rivière et trouve de l'autre côté Johan, le jeune breton, que je n'arrête donc de croiser. On discute un peu et je lui parle de la rando que je pense aller faire avec un guide local que connaît Nico. Je lui propose de se joindre à moi histoire de partager les frais. Je prends son mail et lui dis que je le tiendrai au courant.

De retour à Sen Monorom je me mets à la recherche de la cascade du même nom et la trouve assez facilement. Il y a un éléphant pour faire faire des balades aux gens.

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Je descends près du gourg pour voir cette modeste mais jolie cascade, toutefois polluée par de nombreux détritus.

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Je repars vers la ville et vais redonner à boire à la bécane, toujours assoifée. J'essaie ensuite de retrouver l'endroit où on a dégusté quelques brochettes hier et retrouve Nico et Sinet qui ont déjà mangé et m'explique que leur ami ne fait pas à manger le midi, seulement pour eux, sous forme d'un arrangement payé au mois.

Nico m'accompagne en scooter pour me montrer un restaurant simple et sympa. Il commande pour moi un plat de poisson façon aigre douce puis repart au boulot.

Je suis servi assez vite et profite du bon thé vert que l'on m'amène. Le plat est délicieux. Le poisson, sans arrêtes, est frit et ensuite il est arrosé d'une sauce aux oignons, ail, carottes, tomates et ananas. Le tout avec une bonne gamelle de riz et une banane pour dessert.

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Je prends ensuite la route de Phnom Penh pour trouver les chûtes de Romanear 2 qui se trouvent près de la route après être passé au travers d'une plantation de poivre.

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Ils arrosent grâce à une motopompe branchée en amont. La cascade n'est pas très haute mais assez large avec des bon rebonds et l'endroit est agréable.

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Je repars dans l'autre sens et prends une piste sensée se diriger vers les chûtes de Romanear en prenant une piste à droite de la principale. Comme ce n'est pas du tout indiqué je ne trouve jamais la fameuse piste et me retrouve à faire environ 15 km de off-road, sur une piste bien accidentée par endroit, avec mon modeste scooter. Après un peu moins d'une heure de conduite en chemin et une petite frayeur dans une ornière remplie de feuilles, j'arrive enfin à la route sensée m'amener à Dak Dam.

Je trouve bien un certain Dak Daeng écrit sur les bornes kilométriques mais je dois me résoudre à l'évidence que ça n'est pas ça lorsque je tombe nez à nez avec une barrière de poste frontière. Je suis au Vietnam et je dois faire demi-tour.

Bien évidemment lorsque je retrouve le carrefour où j'avais débouché plus tôt à la fin de la piste, venant de ce côté, il y a un magnifique panneau indiquant de prendre la piste qui était en face pour aller à Dak Dam. Je traverse le fameux village très rural où traversent cochons, vaches et volailles.

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Je trouve la cascade de Chrey Tom un peu plus bas et retrouve quelques minutes après Johan arrivé sans trop de soucis grace à MapsMe, l'appli que j'avais téléchargé mais dont je n'avais pas installé les cartes qui semble-t-il sont très précises.

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On rencontre un couple de français avec qui on discute un peu puis on repart ensemble. Je vais ensuite lui montrer où habite Nicolas pour qu'il nous rejoigne ici demain matin pour aller faire le trek.

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Je passe ensuite en ville rendre mon scooter et vais faire un tour au marché pour acheter de quoi pique-niquer demain pendant la randonnée. Nico passe me chercher ensuite sur le boulevard et nous rentrons vers la maison. En chemin le ciel du couchant est orange et rouge, magnifique, je prends quelques photos à la fenêtre du 4x4.

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Arrivés à la maison on s'installe sur la terrasse et on boit quelques bières bien fraîches. Sinet met à cuire de la courgette locale pour faire une soupe - c'est de saison, ici on se rapelle un peu qu'on est en hiver, en tous cas le soir - et on papote à propos de mes étapes à venir.

On fait même pêter le pâté de Lozère, ramené par Nico lors de son passage chez nous en Décembre, pour grignoter à l'apéro. Sinet a aussi préparé de la vache qu'un ami leur a donné - elle s'était étouffée avec du plastique et ils l'avaient donc débitée et distribuée la semaine dernière - et qu'elle a cuisiné au poivre.

On déguste tout ça et mangeons une paire de fruits de la passion, à la cuillère, comme dessert. Je suis bien cassé de ma centaine de bornes de scooter et je me pose dans ma chambre vers 21h pour raconter ma journée. Je finis vers 22h et vais me coucher dans la foulée pour reprendre des forces pour la journée de trek qui m'attend demain.